jeudi 11 août 2016

Entreprises et systèmes vivants : souplesse et adaptabilité (saison 3)



Si les gaulois sont ardents et prompts à entreprendre une guerre, pour supporter les désastres, leur esprit est mou et sans résistance.
Jules CESAR.
En général, l'adaptabilité s'avère antinomique avec l'adaptation. Il existe une loi en biologie - dite loi de Dollo - qui pose l'irréversibilité de l'adaptation à base génétique. Lorsqu’un être est adapté à son milieu et que cet état perdure très longtemps, son mode de fonctionnement adapté s’inscrit dans ses gênes et se reproduit ainsi sans besoin d’apprentissage. Il devient alors incapable de changer si son milieu se modifie et il disparait. On espère seulement que ce n’est pas arrivé pour nos entreprises mais on peut néanmoins se poser la question pour certaines d’entre elles. Toutefois, même si l’adaptation n’est pas inscrite dans les gênes, l'espèce qui s'est spécialisée à un milieu précis, se trouve fort dépourvue quand un changement est venu. Très adaptée, elle est devenue inadaptable. L'adage qu'on pourrait tirer de cette loi serait : "Être "fort" dans un milieu donné c'est être "faible" dans un milieu différent" et ce d'autant plus que la différence – le changement du milieu environnant − est importante.
Plus un être est adapté à son milieu et plus il doit faire d’efforts – dépenser d’énergie – pour répondre à des modifications de ce milieu.
    


vendredi 5 août 2016

Entreprises et systèmes vivants : souplesse et adaptabilité (saison 2)




Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du Mal.


Les entreprises qui existent sont donc forcément adaptées à leur milieu. Ce qui nous intéresse, aujourd’hui que nous constatons une évolution rapide et souvent chaotique de notre monde, c’est moins l’état que le processus. Si nous nous soucions du devenir de nos entreprises, nous devons réfléchir à leur capacité d’adaptation c'est-à-dire à leur adaptabilité. Que dis-tu ? C’est quoi la différence ? Je t’explique :

L’adaptation : lorsqu’on entend dire que telle espèce est mieux adaptée que telle autre, il faut spécifier que c’est toujours en regard d’un milieu bien précis. Le faucon est plus adapté au vol, donc à l'espace aérien, que la poule. En revanche, une fois sur le plancher des vaches, le classement s'inverse, la poule se débrouille mieux. Pour un être vivant sa bonne adaptation se traduit par une grande efficacité de certains comportements comme par exemple la rapidité du vol, une moindre fatigue pour un vol effectué à une vitesse donnée etc. Pour une entreprise du passé, sa bonne adaptation signifiait une bonne organisation du travail en série, la division des tâches, la préparation et l’organisation scientifique du travail. Le problème d'une adaptation poussée est que le plus souvent elle s'accompagne d'un corollaire qui peut s'avérer tragique : le défaut d'adaptabilité. C’est ce qui se passe aujourd’hui. Les entreprises fonctionnent encore avec des principes de management hérités du passé. L’existence de descriptifs de fonctions et de procédures détaillées est typiquement une réminiscence du temps où le travail s’exerçait sur un mode de routine. Si ton entreprise doit travailler dans un milieu hyper changeant, laisse tomber ces pratiques.
L'adaptabilité : Elle représente la facilité avec laquelle un être vivant parvient à modifier son organisation biologique en réponse à un changement de l'environnement. L'adaptabilité suppose une grande sensibilité aux influences du milieu (une écoute) ainsi qu'une plasticité (malléabilité) importante des fonctions biologiques. Pour l’entreprise, on pourrait faire références à ses composantes, à ses processus. Elle se traduit par la rapidité avec laquelle un organisme dont la stabilité a été perturbée retrouve un nouvel équilibre. A titre indicatif, l'adaptation à un nouveau milieu est appelée par les biologistes l’accommodation. Quand des espèces ou des groupes entiers s'installent à long terme dans un nouvel environnement, on parle alors d'acclimatation ou de naturalisation (Cuénot). Mais ce ne sont là que des termes. L'important reste de savoir à quoi on applique un mot quel qu'il soit.